Dr Martin Godbout, vétérinaire comportementaliste

Dr Martin Godbout, vétérinaire comportementaliste

Les vétérinaires : un métier à plusieurs facettes

En général, l'idée que le public se fait d'un vétérinaire est celle du médecin de ville ou rural qui prodigue des soins aux animaux de compagnie ou d'élevage. Pourtant, le domaine du vétérinaire est beaucoup plus vaste et diversifié. Mais quelle que soit sa spécialité, il est toujours au cœur de la relation entre l'homme et l'animal.

Dans le cadre de son volet canin de la Fête de Saint-Roch, la Fondation Saint-Roch (FSR) s'est interrogée sur ce métier à différentes facettes et multiples spécificités. Tout d'abord, connaissons-nous vraiment les nombreuses missions du vétérinaire d'aujourd'hui ? Qui sont ces praticiens professionnels à la fois généralistes, chirurgiens ou spécialistes ? Comment soignent-ils nos animaux ? Dans cet univers, où chacun occupe une place essentielle, nous nous sommes surtout intéressés au rôle des comportementalistes. Qui sont-ils et quand fait-on appel à eux ?

Nous avons rencontré un pionnier de la spécialité en pleine émergence, le Dr Martin Godbout. Réaliste, humoristique, animée, diversifiée, interactive… sont autant de qualificatifs qui viennent à l’esprit après avoir assisté à une de ses conférences. Y participer équivaut à allumer une petite lumière, EUREKA, mais c’est bien sûr. Tout paraît simple, évident ! Bonne nouvelle pour tous ceux que le comportement délinquant de leur chère tête poilue finit par irriter : l'harmonie de votre relation ne relève pas de la magie, mais d'une meilleure connaissance de l'univers canin. Quand le courant ne passe plus, l'aide d'un spécialiste peut se révéler précieuse... Alors qu’en est-il ?

Dr Martin Godbout, DMV, MSc, DACVB

Le Dr Godbout a gradué de la Faculté de médecine vétérinaire de Montréal, en 1994. Il a débuté la même année sa carrière avec le Groupe vétérinaire Daubigny, plus précisément à l’hôpital vétérinaire de Beauport.

En 1998, il s’associe aux membres fondateurs et devient copropriétaire du Groupe vétérinaire Daubigny

Le Dr Godbout démontre un intérêt marqué pour le comportement animal. Il détient le statut de «Diplomate» du prestigieux American College of Veterinary Behaviorists. (ACVB) http://www.veterinarybehaviorists.org/ Seulement 47 vétérinaires au monde ont jusqu’à ce jour complété cette spécialisation de vétérinaire comportementaliste, dont 3 au Canada. Ce cursus exige 3 à 5 années de formation universitaire qui s’ajoute aux 5 années préalablement nécessaires pour devenir un vétérinaire généraliste. Le programme exige de multiples formations dans tous les domaines touchant la psychologie, la psychiatrie, le comportement animal et la neuroscience tout en assurant une exposition clinique par des études de cas cliniques (plus de 550 pour le Dr. Godbout) dans le cadre d’évaluations comportementales privées et de projets de recherches.

Au cours des dernières années, il travailla en étroite collaboration avec la non moins célèbre Dre Diane Frank de la Faculté de médecine vétérinaire de Montréal. Il a été “investigateur” lors d'une importante étude clinique portant sur l'utilisation d’une nouvelle thérapie pour le traitement de l'anxiété de séparation chez le chien (2000-2001).

Aujourd’hui, responsable du volet comportemental pour le Groupe Daubigny, le Dr. Godbout offre un service de consultations comportementales pour les chiens et les chats à l’Hôpital vétérinaire de Loretteville. Ce nouvel établissement offre, outre des soins réguliers et des conseils en alimentation, des soins vétérinaires spécialisés en comportement des animaux de compagnie.

En plus d’être régulièrement invité à titre de conférencier dans le domaine du comportement canin et félin, il a agit comme consultant pour certains jardins zoologiques et est chroniqueur comportementaliste pour différents magazines.

Les vétérinaires comportementalistes

Les vétérinaires comportementalistes sont des vétérinaires d’un genre nouveau qui ont complété leur formation initiale par une formation en étude du comportement. Le diplôme qui sanctionne leur spécialité n'existe que depuis 1995. Ils jouent en quelque sorte le rôle d’un psychologue et psychiatre pour animal. Ces spécialistes peuvent vous aider si votre animal de compagnie adopte un comportement étrange et surtout s’il  vous semble plus difficile à éduquer que la moyenne ou qu’il démontre de l’agressivité. Leur objectif est d’apporter une aide efficace, dans un souci du bien-être animal et d’une vie sociale harmonieuse avec les propriétaires.

Il ne faut pas confondre vétérinaire comportementaliste et éducateur canin comportementaliste, un autre métier qu’aucun diplôme universitaire reconnu ne sanctionne.

La plupart des consultations concernent des chiens, mais les troubles du comportement peuvent également affecter des chats et d’autres espèces.

Quand faut-il consulter un spécialiste ?

Des petits dérapages, comme le massacre des rideaux, aux comportements agressifs, un animal de compagnie peut présenter des troubles du comportement plus ou moins sérieux. Ces dysfonctionnements peuvent se manifester par de l'agressivité, un problème de propreté ou de véritables crises d'angoisse.

90% des consultations chez les vétérinaires comportementalistes concernent des destructions, vocalises, souillures, agressions ou hyperactivité, autant de problèmes qui peuvent bouleverser les relations entre l'homme et l'animal. Lorsque les techniques d’éducation "classique" fournissent peu de résultats, une consultation chez un spécialiste peut vous aider à rétablir une relation harmonieuse avec votre animal.

Les troubles du comportement

Les troubles du comportement sont non seulement des désagréments pour le maître mais font également souffrir les animaux. Les animaux traités peuvent être phobiques, anxieux, déprimés. Ils présentent des sautes d'humeur, ne respectent pas les règles et ne s'intègrent pas dans la société.

Le décès d'un maître, l'arrivée d'un nouveau membre de la famille ou d'un autre animal, un changement radical de la structure familiale sont autant de bouleversements susceptibles d'avoir de graves répercussions sur le moral et la qualité de vie de l'animal, notamment chez le chien. Il est alors utile de consulter les vétérinaires comportementalistes, car des solutions inadaptées ne feraient qu’aggraver la situation.

Le travail du spécialiste

Ces différents problèmes ont généralement une explication que le vétérinaire comportementaliste cherche à identifier. Pour ce faire, il commence par vérifier si le problème n'est pas physique (douleur) ou organique (anomalie du cerveau, déficience hormonale...), puis il étudie et décode les comportements "anormaux" et "normaux" de l'animal, en s’aidant des renseignements fournis par le propriétaire.

Le maître participe activement au traitement de son animal en répondant à un questionnaire réfléchi qui porte sur le développement de l'animal, son éducation, ses émotions, ses réactions face à des situations variées.

La thérapie comporte des conseils d'éducation et de communication, une gestion des relations sociales et des comportements instinctifs, une organisation de l'espace et du temps, une redéfinition des relations dans la famille et parfois une médication appropriée pour atténuer les symptômes les plus gênants et redonner à l’animal et ses propriétaires une qualité de vie convenable.

Les difficultés trouvent très fréquemment leurs origines dans la relation qu'a entretenue dès son enfance le chien avec son environnement physique et social incluant les autres animaux et les humains. Toutefois, le Dr Godbout entend déculpabiliser les propriétaires, peu importe le maître si, le chien a un problème réel de comportement la faute n’incombe pas automatiquement à l’humain.

En finesse

La psychanalyse se base sur la communication orale mais évidemment, aucun chien, chat ou cheval ne peut se livrer à ce type d'exercice.

« Lorsqu'un maître vient consulter pour un problème d’éducation, de relation conflictuelle, de nuisances, de morsures… le vétérinaire comportementaliste clinicien cherche à comprendre la nature du, ou des comportements de l'animal, à l'origine de ces nuisances. Puis, à analyser les mécanismes biologiques et les motivations qui peuvent conduire l'animal à un tel comportement. Il cherche également à déterminer les éléments de la relation avec le maître et l'ensemble de l'environnement habituel de l'animal. Le vétérinaire comportementaliste se livre donc à une "psychanalyse complète" de tout le système entourant l’animal (environnement physique et social). Il tente de faire comprendre aux propriétaires, le monde animal, ses motivations et son fonctionnement. Il étudie les attitudes de la bête pour comprendre comment lui faire changer de comportement. »

Vous pensiez que vos états d’âme et vos angoisses vous rendaient profondément humains ? Détrompez-vous! Nos petits compagnons de vie ont eux aussi leur lot de stress, de peurs et de névroses. «Les troubles du comportement ont une nature génétique et environnementale. Les recherches actuelles montrent que 8% à 10% des chiots présentent des comportements atypiques qui pourraient être des précurseurs de troubles du comportement à l’âge adulte. Si l’environnement renforce le terrain génétique, ces animaux deviendront phobiques, hyperstressés, etc.», explique le Dr Martin Godbout. Pour venir en aide à ces animaux caractériels, il recommande, d’engager une thérapie appropriée. « La thérapie se fait avec le chien et son maître et dure entre 3 et 18 mois. L’objectif est de rééduquer l’animal positivement. Pour ce faire, on utilise, entre autres, des jeux pour développer ses capacités d’apprentissage et d’intelligence dans une démarche toujours respectueuse de sa personnalité; la tape et la punition sont totalement proscrites», conclut Martin Godbout.

D’aucuns crient à l’anthropomorphisme. Considérer l’animal comme un humain, qui ressentirait par exemple la fidélité ou de l’attachement à son maître, semble contre nature. Vraiment ? Les recherches et l’expérience auprès du règne animal tendent à démontrer le fondement de leurs émotions. La décharge d’adrénaline de la proie face à son prédateur est causée par la peur, pas seulement par un mécanisme instinctif. Le débat philosophique entre l’émotion inhérente à divers règnes et la conscience propre à l’homme anime la rhétorique depuis l’antiquité. S’il est vrai que la société occidentale moderne tend à exagérer l’amour porté à leur compagnon animal, le balancier commence à s’équilibrer. Un des objectifs du travail du vétérinaire comportementaliste est de contribuer à la démystification de toutes sortes d’écoles de pensées improvisées. Décoder le langage corporel de l’animal, développer le sens de l’observation tout en étant objectivement à son écoute est une base saine.

Fini les temps où seuls l’instinct et la hiérarchie guidaient tous les comportements d’un animal. Cette école de pensée qui est révolue obligeait un entraînement sous un régime militaire à l’aide de techniques punitives et physiques qui détériorait la qualité du lien unissant l’animal à son propriétaire. Accorder le droit à l’animal, d’être un animal, dans le respect de ses instincts est gage d’une relation harmonieuse. Redonnons aux chiens leur vraie place dans la société. 

Laissons-les être des chiens tout en les guidant dans leur apprentissage afin qu’ils respectent les règles nécessaires à une bonne vie en société.

Pour la Fête de Saint-Roch

Conférence

Est-ce que votre chien est une édition spéciale?

À 13h, en l’église Saint-Roch 590, rue Saint-Joseph Est, Québec
Cette présentation interactive appuyée de multimédia et d’exemples concrets met en évidence les variabilités individuelles existant chez le chien. Un incontournable pour vous permettre d'aiguiser votre sens de l’observation et apprendre à lire les émotions de votre animal via son langage corporel. Il est grand temps de démystifier les différentes écoles de pensées contradictoires qui sont actuellement véhiculées dans le domaine.

Venez découvrir si votre chien se démarque de la masse, venez découvrir si votre compagnon est une édition spéciale!

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